Hondarribia - Pasaia

Hondarribia – Pasaia.

Dimanche 10 juin 2018.

Une des plus belles randonnées sur le secteur. Avec des paysages à couper le souffle. Mais il faut les gagner.

Départ de Guadeloupe. Traditionnelle logistique. Il faut aller laisser des voitures à Pasaia.

Un peu de retard à l’allumage. Mais tout le monde est là et de bonne humeur.

Et avec un peu de chance, nous n’aurons pas à mettre ponchos ou kway.

Descente vers la crique, puis on suit le littoral.

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Le paysage est vraiment grandiose. Pour l’instant, pas trop de difficultés. On profite.

On profite trop d’ailleurs car on assiste à la première chute (Patricia) Soirée de la veille ?

Les paparazzis n’ont pas immortalisé la chute. Ne pas faire de social. Du sensationnel et après on se préoccupe de la santé de la personne.

Je ne me lasse pas de cet endroit. Et j’y retourne régulièrement. Soit en vélo (VTT ou route par le Jaizkibel) soit en rando.

J’ai la trace et honnêtement, sur la première partie, je n’en ai pas besoin.

Première pose au bout de 5 kms. Todo bene.

Passage en bord de mer. On ignore la trace pour passer au plus près de la mer sur la barrière rocheuse.

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Première difficulté. Je décide de passer par le chemin original. On ne va pas rajouter des difficultés supplémentaires. Le chemin est étroit.

Et même si nous ne montons pas à de très hautes altitudes, la moindre chute serait tout de même fatale. Donc Kontuz.

La végétation est impressionnante. Et il n’y pas grand monde sur le tracé.

Je ne sais pas si nous avons croisé 10 personnes dans la journée.

Je ne trouve pas le passage avec la corde. Nous sommes sur la trace, mais je ne vois pas le chemin. Je monte, je redescends. Je ne comprends pas.

Je demande à une personne, dont je tairai le nom, de se déplacer de quelques centimètres. Elle est appuyée sur un rocher, avec l’emplacement d’un pied. Le chemin est derrière.

Premier passage technique. Pause méritée. Fin de la première partie. Nous avons parcouru 11 kms environ. La moitié du parcours mais la plus facile.

La seconde partie est donc, beaucoup plus difficile. Successions de montées (raides) et de descentes. Pour couronner le tout, les fougères, les ajoncs cisaillent les cuisses et les mollets. Les filles ne vont pas pouvoir se mettre en jupe pendant quelques jours….

Le chemin n’est pas vraiment balisé et sans le GPS, il est vraiment difficile, par endroit, de retrouver la trace. Et ce qui devait arriver, arriva.

Pour la petite histoire, j’avancerai que le chemin pris est plus long (un chouia) mais moins difficile.

Jamais perdu, un petit peu égaré, mais beaucoup rallongé. Les panneaux, rares, mais à cet endroit, il y en avait, nous indiquaient la direction de Pasaia. Mais le passage en légère descente, entre les deux rochers, malgré les marquages ne me rappelaient rien. Trop tard ou trop loin, pour faire demi-tour.

Un Migliorini, ne fait jamais demi-tour et au grand désespoir de ma femme, je retombe toujours sur mes pattes.

On suit le littoral, sur une grande piste. Entre le Jaizkibel et la mer. La trace n’est pas loin. Tout au plus à 300m mais impossible d’y revenir dessus. Je m’avance sur un premier chemin, tout en prenant soin de laisser le cheptel en haut. Je ne vais pas les obliger  à faire demi-tour. Ils ne sont pas inquiets, mais les traits se tirent, et le poulailler est moins bruyant.

Petite cascade. Le parcours est glissant. Stéphane nous fait une Holiday On Ice mais se rattrape avant la chute. Florence nous fait le grand écart (début de crampes) Tout est dans la boite.

Essai n°2. Ils attendent pendant que je descends vers la mer. C’est OK. On va reprendre la trace. Ils arrivent. Second stop. Je continue la descente (j’espère que c’est bon car s’il faut remonter, c’est la fin)

Impec. On arrive à la cabane du pécheur. J’ai rallongé pour la bonne cause mais on arrive pour traverser la plaque. Un des clous de la journée. Il était impensable de faire cette rando sans ce passage. Je suis content.

Plaque

Nous ne sommes que trois à connaitre le parcours (Isa et ma sœur) et à cet instant, elles savent que le plus dur arrive.

Traversée de la plaque, passage sur une traverse, et montée droit devant. Et très fort pourcentage.

Passage plaque

Il reste trois ou quatre montées.

Apres plaque 1

De plus, on va manquer de kérosène. Toutes les bouteilles sont vides. Il faut dire que certaines personnes sont parties avec 50cl d’eau !

On se partage les derniers radis, les dernières cerises. Survivor ou Koh Lanta.

Poco à poco. De toute façon, pas d’autres alternatives.

Et comme diraient mes collègues de vélo, il y a du pschitt dans l’air. L’orage gronde (au propre comme au figuré)

Port 1

On distingue l’entrée du port de Pasaia. On s’en rapproche. Pas assez vite pour certains.

Descente en bord de clôture. Pas roulant le chemin. Je rassure le groupe. Dernière descente, on remonte dans les bois. Il se dit qu’à cet endroit, les soirs d’hiver, on peut entendre une voix qui crie Bruno, Bruno….(A chaque sortie, ses anecdotes)

Grande clairière. Des ânes. Une fille qui promène son chien. Première présence humaine depuis des heures…

Plus rien à boire maintenant depuis deux ou trois heures. Certaines envisagent d'aller s'abreuver dans le réservoirs pour les moutons ou potioks.

Je repars chercher Patricia (Elle arrive au courage - Il est plus sage, parfois, de refuser quelques verres la veille d’une sortie)

La civilisation est proche. On distingue les premiers toits de Pasaia.

Il faut puiser dans les dernières ressources. C'est dur.

Recup

Chemin de crête, descente un peu technique avec quelques lignes de vie, l’antenne, à gauche.

Dernière descente sur la route bétonnée et striée. Stéphane est assis au milieu de la route. Impossible de prendre la photo. Plus de batterie sur les portables et les montres connectées.

Nous n'aurons pas la distance exacte parcourue ni le dénivelé. Mais quand on aime, on ne compte pas.

Bord de mer. Nous prenons d’assaut le premier bar (assaut est vraiment le mot) Le personnel n’a pas le temps de nous donner les verres, que les boissons sont ingurgitées sous leurs yeux incrédules.

Quelques sardines, quelques verres de plus. Tout le monde s'est refait la cerise.

C’est fait. Superbe ballade. Tout le monde est ravi. Fatigué mais ravi.

Les mauvais souvenirs s’estomperont avec le temps.

Je ne suis pas certain que tout le monde reviendra. Je renouvelle les effectifs à au moins 80% à chaque sortie.

Retour à la maison à 22h. Je ne suis jamais rentré aussi tard d’une rando (heureusement, il n’y avait pas kermesse)

Au fait quand j’avais annoncé 21 pour la distance. C’était des miles.

Un peu crispé les sourires, non ?

Arrivee