GIGANTE DE PIEDRA 2017

Gigante de Piedra

Ultra marathon 200kms - 6500D+

Samedi 3 juin 2017 - L'Alcora

Second objectif de l'année.

Après le fiasco sur la Cape Epic et ce funeste mois de mars, il faut repartir. Nous (Isa et moi) avons au moins le sport comme échappatoire.

Gigante de Piedra. 200kms 6500D+

Jamais fait de telles distances et dénivelés. Et même si je dis que j'y vais pour voir, j'espère bien aller au bout.

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Le profil de la journée est tout de même effrayant. Les barrières horaires ont l'air courtes et rapprochées (enfin pour moi)

Je ne sais pas combien de fois je me suis penché sur le profil, analysant les pentes, calculant les temps de passage.

Les dernières semaines d' entraînement ont été correctes avec notamment de belles sorties au Pays Basque. La dernière, le jeudi de l'Ascension du côté d'Elissondo 110kms et 3300D+, parcours empruntant des traces de l'Euskal Trail. Super week-end soit dit en passant. Pour une fois, j'ai assuré le staff et j'étais très heureux de faire parti de ce petit groupe solidaire. Parti à 4, fini à 6...Super les filles. A l'année prochaine.

Enfin, Départ vendredi matin avec le staff. Direction L'Alcora. 30kms au nord de Valence. 6h30 de route pour aller voir...

Arrivée à Alcora vers 16h30. Dossard, interview d'un étranger (il n'y en a pas des masses - le seul français encore) interview dans un mélange d'Espagnol, Anglais. Personne n'a rien compris mais on s'en fout. Dépose du velo au Bike Park et direction Vilafames pour l'hôtel.

La nuit a été courte. Debout à 4h. Mélange d'excitation, de peur. Petit dej. Départ 4h30. RDV à 5h au Bike Park. Dernières préparations (lampes, GPS)

Départ dans 20mn. C'est Isa qui est contente de ses quelques jours de vacances...20170603 51656

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5h55 Feu d'artifice. 6h00, c'est parti pour une longue, longue journée. Distance à parcourir sur le GPS: 201kms....J'espère arriver vers 22h00...

Premiers kilométres sur la route, petite descente et c'est parti. 1 km de montée et il faut déjà mettre pied à terre. Petit single. Goulot d'étranglement. Et la barrière approche.

On repart en file indienne. Pas un centimetre de plat. Premier gros portage. Chemin de trail. Première barrière avec 30mn d'avance. C'est bon. J'ai donné  Rdv  à Isa à Xodos entre 10h30 et 11h30.

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Successions de montées et descentes sur des vrais terrains de VTT. Singles, pistes, pierriers...Visite de villages tous perchés. Magnifique. Nous essuyons un premier orage assez vite.

Au moins, on se sera pas géné par la poussière.

Xodos. Superbe village au milieu de nulle part. Maisons blanches. Supendues. Il faut monter. Pourcentage important, mais les Espagnols sont là pour t'encourager. Impressionnante cette ferveur.

Isa n'est pas là. Elle m'attend au 80 éme. Elle est confiante.

16h de vélo. Tu as le temps de philosopher. Ce n'est pas les quelques mots que tu vas échanger avec les Espagnols sur le parcours.

Tu penses déjà à l'arrivée. Il faut se reconcentrer. Trajectoires, boire toutes les 15mn, s'alimenter toutes les heures. Poco à Poco me dit Flo. Tranquillo. Ne pas forcer.

Tu penses au staff qui t'attend. A tes amis d'hier, d'aujourd'hui, de toujours. Aux personnes qui te suivent sur les réseaux et qui te prennent pour un taré (il y en a)

A Maxime et son sourire qui illumine notre vie. Aux copains d'entrainement, au Coach, à la famille, à ton fils. Au neveu qui te demandera pourquoi tu fais ça ? A Papa, aux deux étoiles qui toute la journée pédaleront avec toi. Maman me disait, bon tu fais celle là et après ? Tu as déjà quelque chose d'autre en tête. On va essayer de terminer.

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Isa est au 80éme. Sa présence est réconfortante. Même si je ne passe que quelques minutes avec elle. Il faut repartir. Enchainer les montées.

Je la reverrai au 120éme. 1hr d'avance sur la barrière. Je suis bien. Mais il en reste 80 !

Chute au 140éme. Genou et coude. Mauvaise trajectoire. La roue avant qui rippe et dans le pierrier....Pas grave. Cela pique mais il faut repartir. J'ai mal aux épaules. Cela tape dans les descentes.

Parcours exigeant. Ils nous font passer dans des rios, sur des galets. Cela ne roule pas. On arrive au 160kms. Point de contrôle dans une salle des fêtes. Dernier gros ravitaillement. Il reste deux montées. 20kms ! Prendre le temps de s'alimenter. Il y a des coureurs allongés partout dans la salle. Les traits sont tirés. Je ne fais pas le malin, je ne dois pas être mieux. 12h de course déjà.

Il faut repartir. Pas de mal aux jambes ou début de crampes mais une fatigue générale. Et le plus dur arrive. Sortie du village, grande route plate, 500m, les riverains sont dehors pour t'encourager. Et bout de la ligne droite, un flic et une personne de l'organisation. Virage à 180°. Un mur. Il fait encore chaud. 100m et pied à terre. Il faut pousser mais le plus dur est encore à venir. Ils ont trouvé un sentier pour nous faire rejoindre la piste. Le poussage dure une trentaine de minutes. J'ai envier de faire demi tour. D'arrêter. On se regarde. Animo. Venga. Maxime est en haut et je l'entends, Papi, papi. Ne pas décevoir Isa. Elle t'attend. On continue. Enfin la piste. On pédale, on pousse, on plaisante avec deux Espagnols. Tu viens d'où ?  Tu reviens l'an prochain ? Never !!!

Et puis on arrive au 170kms. 10kms de tobogans. Tu relances , tu mets du braquet sur les montées. Non. Tranquillo. Plus de GPS, tu ne sais pas combien il reste,  mais cela sent bon.

Interminable. On traverse des villages. Tu penses que c'est l'arrivée. Mais non. Tu passes encore sur des singles où il faut porter. Jusqu'au bout, ils ont trouvé des chemins pour nous emmerder. Grande route. Nous sommes une dizaine. Il faut rallumer les lumières. On pense enfin rentrer. On se lance un mini (très mini) sprint pour passer la petite bosse. Avec du braquet. Les jambes répondent encore. Izquierda. Demi tour. Il faut prendre le sentier....J'en ai marre. je veux rentrer....Enfin un camino larga. Projecteurs. On accélère. L'Alcora. Traversée du village. Les Espagnols sont présents pour fêter le Real et encourager les coureurs. Tous Campeon ce soir. Dernier virage à gauche. Isa est là. 200M. Ligne d'arrivée.

Fait. Finisher d'un ultra marathon. Ravi. Super heureux.

Photos et puis la pression redescend. Dur. Contenir ses émotions, finisher d'un ultra, ce n'est pas rien quand même.

Cette course aura une saveur particulière. 2017, premier Ultra.

J'étais venu pour voir et finalement j'en suis venu à bout.

Les heures suivantes (et les jours suivants) auront êté peut être les plus durs. Les épaules, le dos, le genou. Enfin un petit vieux...( je rêve d'un bon massage et d'une recup chez Sourceo)

Récupérer le trophée, collation et on rentre.

Je n'ai pas dormi de la nuit. La fatigue sans doute, l'excitation encore. Le lendemain, il pleut sur l'Espagne. On en profite pour rentrer sur Toulouse et passer la fin du week-end avec Maxime.

Un super week-end en somme.

Merci à tous pour vos encouragements et messages de félicitations. Merci au Coach, à Flo, à la famille et bien sur à mon staff, qui m'a suivi, encouragé toute au long de cette longue, longue, très longue journée. Sans Isa, je ne sais pas si j'aurai fini. Merci encore. Pour tout. Cette journée et les autres.....

Comme je l'ai dit précédemment, des trucs débiles, j'en ai fait quelques uns, mais la !

Un Ultra !  Je me souviens de nos sorties le dimanche matin avec les copains du basket. 20, 30kms, on était heureux....

Maman, tu avais raison, toujours un coup d'avance. Je pense faire la Pedals de Foc Non Stop à la fin du mois. Sur la lancée....

Et le programme est bouclé jusqu'en 2019 !

 

 

 

 

 

 

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